Vie Paysanne en Vendée (1935-1955)

Vie et tradition paysanne en Vendée (1935-1965).

Voilà un titre qui dit clairement les intentions de l’auteur, précisées dès la première page : "Papa, pourquoi n’écrirais-tu pas ton autobiographie ? " Aussitôt dit, aussitôt fait ? Certainement pas si on en juge par le sommaire qui, immédiatement après les remerciements, commence l’ouvrage. Car tout est répertorié, aligné, précisé dans le moindre détail. Ciselé. On aimerait savoir combien de temps s’est écoulé entre la question des enfants : "Papa, pourquoi n’écrirais-tu pas..." et le moment où Jean Dupé a terminé son manuscrit.

En effet, tant de précisions dans le récit révèle une mémoire remarquable ; tant de soin dans le détail ne peut être que le fruit d’une réflexion mûrie et d’un choix dans les souvenirs. De ce long travail, on retire une série de scènes - aujourd’hui on dirait des "flashs" - sur la vie d’une famille dans une ferme entre Challans et Machecoul entre 1935 et 1955. On saura tout sur les doryphores, la fabrication des "ombliets" ("ils servaient à atteler les boeufs en fixant le joug au timon des charrettes ou tombereaux ou autres outils tractés à l’aide d’une aiguille en fer de forme appropriée"),le rutabaga, l’élevage des porcs, le repas de noces, le lavage des pieds, l’accordéon, ou la quichenotte, j’en passe des dizaines, c’est vous dire la richesse du témoignage. Quelle admirable tentative pour reconstituer le puzzle de la jeunesse ! Engrangés, étiquetés, répertoriés, comme dans un album de vieilles cartes postales, d’abord de couleur bistre, puis en noir et blanc, les épisodes se succèdent et se laissent feuilleter avec curiosité.

Mais ne cherchez pas de confidences, d’épanchements, d’attendrissement, Jean Dupé le dit nettement : "Communiquer, dialoguer, expliquer, transmettre, sortir de l’anonymat, ont toujours sous tendu mes comportements. Le goût de prendre des initiatives, d’être leader, de me faire remarquer en bien, furent des motivations constantes qui m’habiteraient durant, sans doute, toute mon existence". Mais le sérieux du ton cache une grande pudeur, celle-là même de la maman qui sait faire éclore les poussins dans sa dorne ou de la grand-mère Octavie qui, au lieu de secourir l’enfant qui tombe en apprenant à marcher, lui dit : "Viens là mon petit que je te relève", misant sur sa capacité à progresser. Belle leçon n’est-ce pas ?

Simone

PS : Amateurs des "Feux de l’amour", s’abstenir !

  • Vie et tradition paysanne en Vendée (1935-1955) Jean Dupé Editions Thélès 2005
0
0
0
s2sdefault
Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives