Champignons de Vendée

Vents et marais . Voici venue la saison d’automne, ses pluies, ses brumes, ses gros nuages gris et bleus, ses vents et marées, et ces arrières douceurs de fin d’été de la Saint Michel, puis de la Saint Martin, qui font pousser les champignons dans nos prés, nos champs, sur nos talus et nos dunes, au bord des fossés et au pied des haies, au fond du jardin, sur une vieille souche ou à la lisière des pinèdes. Et là, alors, c’est l’embarras du choix.

 L’embarras surtout. Parce que, devant cette manne, si le choix est tentant, le risque est considérable ; et chaque jour, on lit dans la presse qu’un imprudent se retrouve dans le coma pour avoir voulu consommer sa « cueillette qui avait si bel aspect et qui sentait si bon », surtout revenue à la poêle avec un bon morceau de beurre salé, une gousse d’ail et un peu de persil du jardin.

En effet, on ne s’invente pas « cueilleur » de champignons. Il faut une réelle connaissance pour distinguer le bon du mauvais, le faste du néfaste. Les encyclopédies ne manquent pas sur le sujet, du plus petit au plus grand format. Dans cette abondance de documentation (et il faut y inclure Internet !), il manquait « CHAMPIGNONS DE VENDEE », bien sûr : un petit livre qui nous donne l’essentiel de ceux qu’on trouve CHEZ NOUS !

C’est un petit fascicule d’une centaine de pages, écrit par René Pacaud, président de la Société mycologique de La Roche-sur-yon, et entièrement »fait maison ». Les photos - deux par page de droite- sont de Gérard Rabiller, notre ami si talentueux trop tôt disparu. La photocomposition est d’Aizenay, l’impression du Poiré-sur-Vie, etc. Autrement dit, du sérieux, n’est-ce pas ?

J’y ai donc cherché des précisions, parce que cette année, par exemple, je trouvais que les rosés des prés de mon jardon ( agaricus campestris) avaient un chapeau un peu jaunâtre et une odeur inhabituelle et...je me méfiais. En regardant attentivement les pages 5 et 7, j’ai constaté que j’avais affaire à des « agarics des bois » ( agaricus silvicola), à odeur anisée. Mais, attention !!!, à ne pas confondre avec la redoutable Amanite blanche, mortelle. Armée du livre, j’ai constaté que mes « agarics » sentaient l’anis, jaunissaient, et n’avaient pas de volve à la base du pied, que ce n’étaient donc pas des amanites ; nous les avons mangés. Sans dommage, puisque je suis là pour le raconter.

C’est une preuve que ce petit ouvrage est bien fait et très fiable, à condition de lire et d’observer très attentivement ses leçons. Je n’ai qu’un tout petit regret, c’est que l’auteur n’ait pas donné son nom local à notre « CORNETTE » qui pousse en ce moment partout sur les dunes de Jaunay jusqu’à Brétignolles, si savoureuse (à condition de bien la rincer pour qu’il n’y ait plus de sable !) : il lui garde son appellation scientifique de « pleurote du panicaut », terme qu’ici je n’ai entendu employer par personne... Mais l’essentiel n’est-il pas que chacun y reconnaisse les siens ?

Bonne lecture et bon appétit !

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